L’histoire du cinéma en Guinée

« Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir  »

Ferdinand Foch ; Maréchal de France

Le projet avance, son titre se précise : Au cimetière de la pellicule

Le  documentaire a reçu en juin 2018 le soutien pour la postproduction du  « 1er appel à projets du Fonds Jeune Création Francophone » (http://jeunecreationfrancophone.org/actualites-de-jcf/).

 

« L’idée originale de ce projet de film tire sa quintessence du devoir de mémoire et de sa valorisation par la force cognitive des images filmiques. L’association Guinée Solidarité Bordeaux Sud-Ouest déjà engagée dans la mise en œuvre d’un projet de cinéma itinérant pour contribuer à la diffusion de films africains  à travers diverses régions de la Guinée, a pris conscience de la nécessité de revisiter la riche histoire contemporaine du pays par le biais des œuvres des cinéastes guinéens.

Cette démarche a d’emblée eu une forte résonance en moi lorsque j’ai été sollicité par Jeanne Cousin, la présidente de l’association, pour la réalisation d’un film documentaire sur l’histoire du cinéma en Guinée-Conakry.

Les productions cinématographiques des cinéastes guinéens sur maintes facettes des réalités socioculturelles diversifiées depuis la période coloniale constituent indubitablement une source importante pour assouvir la soif de quête identitaire des générations actuelles et futures. Des pans entiers de la mémoire de ce pays se trouvent en partie  dans les Archives audiovisuelles, mais demeurent dans l’oubli voire ignorées car marquées du sceau de l’invisibilité. Or le cinéma guinéen occupe une place de choix dans l’histoire des cinémas d’Afrique subsaharienne , nonobstant les difficultés structurelles qu’il rencontre aujourd’hui. Il figure parmi les pionniers et a été à l’avant-garde pour prendre des initiatives audacieuses dans la valorisation du patrimoine culturel africain par les images.

En effet dès 1953, Mamadou Touré, pionnier du cinéma africain , a réalisé le court métrage de 23 minutes, Mouramani  considéré comme le tout premier film africain avant Afrique sur Seine en 1957 de Paulin Soumanou Vieyra. Ces productions ont constitué un véritable défi quand on se représente le contexte du cinéma colonial qui a été une vaste entreprise de négation des cultures et civilisations africaines et de légitimation de l’expansion coloniale présentée comme une « mission civilisatrice ».

Le cinéma guinéen prend véritablement son envol à la période consécutive à la proclamation de l’indépendance avec la création en 1967 du Syli-cinéma, qui fait office de Centre national de cinéma. Le jeune Etat guinéen dans sa politique nationaliste de promotion des cultures du pays, ambitionne de développer le cinéma par la formation des cadres et techniciens des métiers du cinéma. De nombreux cinéastes, réalisateurs et techniciens des prises de vue et de son ont pu accéder à des formations professionnelles dans des écoles principalement de pays d’Europe de l’Est (Bulgarie, Pologne, Yougoslavie), en ex URSS et également en France et aux Etats-Unis. Une des figures  de proue   du cinéma guinéen est Moussa Kémoko Diakité auteur de nombreux documentaires et du premier long-métrage, une comédie musicale Naïtou. Citons également parmi les doyens Barry Sekou Oumar qui a réalisé le film  Et vint la liberté.

Cette génération pionnière des cinéastes qui a traversé les années 1960 et 1970 recèle de connaissances iconographiques des sociétés guinéennes que nous envisageons de mettre en exergue par leurs témoignages mais aussi avec les images d’Archives de leurs films. Les regards des cinéastes des générations postérieures et actuelles nous interpellent également.

Notre projet de film se structure aussi  autour de la mise à jour des archives audiovisuelles de la Guinée dispersées et malheureusement détruites dans certains cas.

Il s’inscrit dans ce devoir de mémoire pour la transmission de l’histoire et de construction d’une pleine citoyenneté avec de solides repères du passé. « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir  »(cf Ferdinand Foch ; Maréchal de France).

Et comme le dit la sagesse des griots mandingues :

« Le monde est vieux, mais l’avenir sort du passé ».

Ce documentaire de création va osciller entre une galerie de portraits des cinéastes et des extraits  de leurs œuvres pour donner à voir et à entendre l’histoire du cinéma en Guinée-Conakry articulée avec l’histoire de la Guinée-Conakry en images. Il se construit comme un puzzle dont les pièces constituent des fragments de la mémoire.

(Pour le travail de mémoire des Guinéens, pour la réconciliation nationale, pour la paix)

 

Dragoss Ouédraogo,

Cinéaste burkinabé,

Membre d’honneur de Guinée Solidarité Bordeaux sud-ouest

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

La pérennité du projet sera assurée par des conventions de partenariat avec :

  • Le Ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine Historique
  • Le département cinéma et audiovisuel de l’ISAG (Institut Supérieur des Arts de Guinée), Institut sous tutelle de Monsieur le Ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, M. Telivel DIALLO
  • Le Centre Culturel Franco Guinéen de Conakry
  • Le Service Culturel de l’Ambassade
  • l’Association des Victimes du Camp Boiro
Publicités